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TOME 1. Pterabus de l'enfer

Chapitre 1. Découverte à sens uniques réciproques

Épisode 1. Une tempête pas comme les autres

Je me nomme Cikron. Je raconte cette part du récit.

Alors que Reon, notre engendrée, tardait à revenir de l’Institut académique, je reçus un message inquiétant sur mon instrument de communication et de traitement de l’information.

— Lupelas : Que se passe-t-il ?

— Cikron : Nous devons nous rendre au quartier-général de l’Institut de sécurité. Apparemment, le pterabus dans lequel Reon prenait place disparut. La force de sécurité retrouva les survivantes, dont Reon; elle nous attend là-bas.

— Lupelas : Incroyable !

Appréhensives jusqu’à un certain point, nous nous rendons au quartier-général de l’Institut de sécurité. Une agente nous accueille, puis nous dirige vers l’inspectrice.

— Cikron : Répondant à votre appel, nous voici, ma conjointe et moi, pour récupérer Reon, notre engendrée.

— Inspectrice Dessel : Civilités.

Reon nous rejoignit avant que nous puissions rendre ses salutations d’usage à l’inspectrice. Notre engendrée exprime les derniers moments d’un long épisode de stress.

— Cikron : Je dois avouer, inspectrice, que j’hésitai à envoyer Reon à l’Institut académique au début du présent cycle temporel. Anciennement pilote à l’emploi du Consortium Cinq, l’intensité de la tempête évoqua en moi des expériences désagréables; je sais ce que signifie piloter dans ces conditions.

— Inspectrice Dessel : L’Institut de sécurité décide quand l’éoroute devient inutilisable et prend l’initiative d’en interdire l’accès. La tempête ne saurait être tenue comme l’unique responsable de l’incident.

— Reon : Exact ! Mégafinie, la pilote du pterabus 317, découvrit un endroit jusqu’alors inconnu; quelque chose nous attaqua ensuite.

L’inspectrice l’interrompit. Elle différa sa déposition de quelques épisodes; avant de commencer formellement son enquête, elle devait coordonner la gestion des survivantes.

Épisode 2. Un transit pas comme les autres

Je me nomme Selas. Je raconte cette part du récit.

Quel cycle temporel ennuyeux ! D’abord, mon engendreuse interrompit brutalement mon cycle de récupération, encore, pour que je me prépare afin de me rendre dans ce lieu... ennuyeux : l’Institut académique ! Je me présentai à l’arrêt du pterabus à temps, mais pour absolument rien; le 317, que je perçus au loin, n’emprunta pas son itinéraire habituel. Je retournai donc dans l’unité de logement de mon engendreuse. Et maintenant, en cette fin de cycle temporel, celle-ci exige que je l’accompagne récupérer une apparentée, Elsaja, sa propre engendreuse se déclarant indisponible ! Damnation !

— Selas : Elsaja ? Elsaja ?!

Une Subalterne Quelconque me dirige vers elle.

— Selas : Enfin ! Nous venons te chercher. Dépêche-toi !

— Elsaja : Que d’impatience, impératrice solitaire du dernier arrêt, heureuse exemptée de la catastrophe !

— Subalterne Quelconque : Dernier arrêt ?

— Selas : Précisément ! Notre unité de logement se trouve isolée, en retrait, à la limite extérieure du territoire de la ville. Dernier arrêt avant la destination, peut-être, mais, surtout, dernier arrêt nécessitant le pterabus, certainement ! Déjà, avant d’atteindre ledit dernier arrêt, le mien à moi toute seule, le pterabus s’écarta de sa trajectoire. J’en sais quelque chose ! Pouvez-vous croire que mon engendreuse interrompit mon cycle de récupération pour absolument rien ?!

— Elsaja : Un phénomène connu, prévisible.

— Selas : Ennuyeux !

— Subalterne Quelconque : Je ne comprends pas.

— Elsaja : À chaque tempête, Mégafinie pilote le pterabus comme si la signalisation de l'éoroute, parce que dissimulée temporairement par la neige, ne s'appliquait plus.

— Subalterne Quelconque : Je voudrais en savoir davantage.

Elsaja tenta alors, comme d’habitude, de se rendre intéressante.

Épisode 3. Une rencontre pas comme les autres

Je me nomme Elsaja. Je raconte cette part du récit.

L’individu identifiée par Selas comme « Subalterne Quelconque » se présente. Il s’agit de l'inspectrice Dessel, responsable de l’enquête sur la disparition du pterabus 317.

— Selas : Néanmoins, je me dois d’insister : elle fait plutôt subalterne.

Inspectrice Dessel s’efforce de contenir une marque d’exaspération pleinement méritée par mon apparentée, puis me demande de raconter l’incident.

Puisque mes amies habitent plus loin, j’attends activement le 317 toute seule sur le quai d’embarquement du premier arrêt. Comme à chaque cycle temporel, il fait froid et Bimas, qui entre dans sa septième période d’existence, s’en désole. Ses protégées, Stevard, Tyscar, Mahare, Miréa et Aarana, qui finissent leur quatrième période d’existence, planifient leur commerce avec elle. Elles discutent toujours de cela ou d’histoires de misère incompréhensibles qui ressemblent à de l’art expérimental instantané. Je reste à distance; leur commerce, je ne le comprends pas trop parce que, officiellement, personne ne vend rien.

Le 317 arrive « presque en retard » comme le remarque Bimas, probablement à cause de la tempête. Sa meute s’installe dans la section inférieure arrière du pterabus; moi, à quelque distance devant. D’arrêt en arrêt, ma meute me rejoint. Le trajet se déroule normalement. Soudainement, quelque chose frappe le pterabus; sauf que, de la section inférieure, on ne perçoit pas ce qui se passe à l’extérieur. Après quelques coups, le pterabus décroche et s’écrase. Quelle dévastation ! Parce que...

— Selas : Suffit ! Mon engendreuse nous attend !

— Elsaja : Enthousiasmée par mon propre témoignage, j’oubliai qu’il nous faut partir.

Inspectrice Dessel nous autorise à quitter.

Épisode 4. Un atterrissage pas comme les autres

Je me nomme Orshen. Je raconte cette part du récit.

Je complète le compte rendu de Elsaja.

Je me trouvais dans la section supérieure arrière du pterabus. Une ombre commença à osciller au-dessus du transport. À l’avant, les occupantes tentaient sans succès de percevoir ce qui se passait en se ruant d’un côté du pterabus, puis de l’autre côté, pour suivre l’ombre. Leur agitation faisait tanguer le 317, ce qui les amusa sensiblement plus que la pilote, Mégafinie.

— Mégafinie : Damnation de petites ennuyeuses prévisibles !

— Inspectrice Dessel : Elle s’adressait à vous ainsi... ?

— Orshen : Typiquement.

D’autres que le mouvement irritait se trouvaient dans la section inférieure. L’une de ses occupantes frappait violemment dans son plafond, donc, dans notre plancher, et nous menaçait de monter dans la section supérieure par ses propres moyens et de vidanger le contenu de son appareillage d’élimination sur la personne la plus excitée.

— Girodos : Voilà qui confirme la présence de Bimas. Tant mieux, j’attends toujours une livraison...

— Inspectrice Dessel : Une livraison de quoi ?

— Orshen : Euh... je ne saurais préciser.

L’instabilité du pterabus donna l’idée à Jhol de lever son appareillage moteur vers le haut, comme pour faire une vague. Plusieurs, de l'arrière vers l'avant, reprirent son geste; cela nous amusa.

Immédiatement après, un filet de lumière blanche aux accents bleutés frappa le pterabus à l’endroit où Jhol se trouvait, l’anéantissant. Je perçus un quelque chose volant donner deux coups terribles dans le côté déjà endommagé du pterabus. Déchiré, il tomba; la section supérieure arrière s’affaissa sur la section inférieure.

Épisode 5. Un débarquement pas comme les autres

Je me nomme Ambron. Je raconte cette part du récit.

Un atterrissage forcé interrompt le pénible trajet périodique vers l’Institut académique. Le pterabus verse sur le côté en s’enfonçant dans le généreux tapis de neige qui amortit sa descente.

Je me trouve dans ce qui reste de la section supérieure avant du 317 avec Massi, à côté, Rubrul et Meldu, derrière, ainsi que Dankyl et son apparentée, Veekyl, devant. Je constate que la violence de l’impact brisa le pterabus en deux parties; d’après la longue traînée de débris sur la colline, l’arrière devait être tombé à quelque distance de là. La section supérieure écrasa la section inférieure. Les appareillages de communication des occupantes d’en-dessous, prises au piège, expriment douleur, confusion et panique.

Je perçois avec horreur l’appareillage moteur d’une immense créature déchirer sans ménagement la carcasse du pterabus en commençant par l’avant et en progressant méthodiquement vers l’arrière.

— Dankyl : Elle nous chasse.

— Veekyl : Nous devons fuir pour ne pas lui servir de proies.

Dankyl brise le point d’observation le plus proche et sort, suivie de Veekyl, Rubrul et Meldu. La créature saisit Meldu au passage, brise son enveloppe corporelle et la pulvérise en lui marchant lourdement dessus. Je parviens à me hisser hors du pterabus et à m’éloigner lentement en rampant dans la neige tandis que d’autres tentent de fuir ou de se cacher.

Avant que je ne m’enfonce involontairement dans la neige sournoisement incapable de supporter mon poids, je perçois la créature anéantir Dankyl et Veekyl d’un coup brutal.

Fin du TOME 1, Chapitre 1

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