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TOME 1. Pterabus de l'enfer

Chapitre 3. Acquisitions de circonstances

Épisode 1. Une acquisition involontaire

Je me nomme Benle. Je raconte cette part du récit.

— Inspectrice Dessel : S’agissait-il d’autres survivantes ?

— Benle : Définitivement; et je ne m’abstiendrai certainement pas de commenter longuement là-dessus...

Alors que nous débattions entre membres de l’élite sportive de compétition à propos des erreurs irréfléchies de Jessem, je perçus les signaux d’un appareillage de communication connu en provenance de l’herbe haute.

— Reon : Les amies ! De ce côté !

Reon se faufile à travers la végétation grise aux accents fauves puis, à sa suite, cinq autres survivantes déboulent maladroitement dans la clairière que nous occupons.

Damnation; d’entre toutes, pourquoi devions-nous rencontrer les plus inférieures ? Que des TYPE 4, évidemment ! Seule Marynics pouvait être considérée comme endurable et, faut-il le préciser tellement il s’agit d’une certitude, indolore pour l’appareillage sensoriel. Mais toutes les autres ! Damnation...

Elles nous expliquèrent confusément que, dans l’agitation qui suivit l’écrasement, les douze membres de leur groupe s’enfuirent vers l’ouest. L’une d’entre elles, Kahrill, dont l’appareillage esthétique ne mériterait même pas de porter ce nom, ne faisait heureusement pas partie des survivantes. Apparemment, alors qu’elle tentait de sortir du pterabus par un point d’observation, la structure s’affaissa sur son enveloppe corporelle, ce qui la sépara en deux parties. Les autres s’enfoncèrent dans la forêt, sauf Davall, que la créature élimina probablement par générosité, question d’améliorer la biogénétique moyenne de notre espèce.

Je ne sais pas ce qui se passa ensuite — je suppose qu’il faudrait leur demander — mais quatre de leurs amies manquaient à l’appel. Les six autres se joignirent malencontreusement à nous.

Épisode 2. Une circonstance autocratique

Je me nomme Marynics. Je raconte cette part du récit.

— Inspectrice Dessel : Il me faudrait des explications sur la disparition des quatre personnes dans la forêt.

— Marynics : Le terme disparition décrit plutôt bien leur situation, mais pour les mauvaises raisons.

Apeurées — particulièrement Yulàrica...

— Yulàrica : Damnation, Marynics !

Nous courrons, nous enfonçant de plus en plus profondément dans la forêt. Après une durée indéterminée, tout de même inférieure à celle qu’il nous faudrait pour nous épuiser...

— Benle : Une phrase ou deux, maximum.

Damnation qu’elle m’énerve, cette ennuyeuse massive...

La course dura, donc, jusqu’à ce que nous atteignions une très grande unité de logement.

—  Yulàrica : Le Manoir de Courtfrustrey.

Incertaines quant à ce que nous devons faire, Malkus lance un défi à Deskik, qui s’empresse de le relever en tentant de signaler notre présence aux occupantes des lieux. Deskik lance ensuite un défi à Marchar, qui s’empresse aussi de le relever en entrant dans le manoir. Mais un dispositif de sécurité contre les intrusions désintègre Deskik et Marchar, et Gafett aussi, qui se trouvait dans l’entrée...

La responsable du manoir, semi-indifférente, semi-contrariée, nous rencontra alors. Elle se nommait...

— Yulàrica : Rayapal.

Rayapal précise que notre présence perturbait l’« expérience sociologique » menée par son espèce...

—  Yulàrica : L’espèce Syta.

— Inspectrice Dessel : L’espèce Syta... ?

Goliq lui expliqua la situation : la tempête, l’atterrissage forcé, la créature. Rayapal répondit qu’elle savait déjà tout cela. Elle proposa de nous assister à condition que l’une d’entre nous reste pour accompagner quelqu’un autre du pterabus arrivée avant nous. Le résultat d’un vote désigna Goliq volontaire.

Épisode 3. Une circonstance déterminante

Je me nomme Reon. Je raconte cette part du récit.

Inspectrice Dessel oriente son appareillage sensoriel vers Marynics. Elle l’observe longuement, dubitative, incertaine quant au degré de malfonctionnement de son appareillage cognitif.

— Inspectrice Dessel : Je ne comprends rien à cette histoire d’espèce Syta. Il s’agit d’une espèce inconnue à ce jour. Quelqu’un peut-elle confirmer la déposition de Marynics ?

— Reon : Je confirme, affirmativement !

— Inspectrice Dessel : Et comment décririez-vous l’apparence des membres de cette espèce ?

— Reon : Difficile à dire; notre rencontre, avec une seule de ses membres, ne dura guère plus de quelques paragraphes.

— Yulàrica : Elle nous ressemblait quand même pas mal...

— Reon : D’autres en côtoyèrent des différentes, pendant plus longtemps... Ersedge pourrait vous en parler, je pense.

— Inspectrice Dessel : Je vérifierai cela ultérieurement. Marynics déclarait que Rayapal vous assisterait en échange de la captivité de l’une d’entre vous. Tint-elle sa promesse ?

— Reon : Oui; je ne crois pas que nous nous trouverions ici sans ses conseils. Elle nous informa que la sortie de ce qu’elle nommait « la demisphère » — l’endroit à côté duquel les secours nous rescapèrent — se situait à l’extrême-sud...

— Sheeken : Ce qui, disons-le, confirmait les intuitions de Jessem.

— Audeà : Oui ! Acclamons-le.

— Reon : ... et nous recommanda de contourner les marais, qualifiés de « très dangereux », par le plateau rocailleux, à l’ouest.

Le groupe de Jessem accepta que nous nous joignions à elles.

— Benle : Disons-le...

Je leur communiquai les instructions de Rayapal. La discussion sur la direction à prendre se termina immédiatement et, puisque nous nous trouvions à la limite du marais, nous nous dirigeâmes vers l’ouest.

Épisode 4. Une circonstance vaseuse

Je me n-n-nomme Seljo. Je raconte cette p-p-part du r-r-récit.

— Reon : Ma déposition se termine ainsi.

— Cikron : Par conséquent, quittons.

A-A-Alors que R-R-Reon et ses engendreuses partaient du quartier-général de l’Institut d-d-de sécurité, Inspectrice D-D-Dessel se tourna vers moi. Je p-p-présente la suite.

Notre groupe de vingt-d-d-deux survivantes se dirige vers l’ouest en respectant ass-ass-assidûment la limite nord du ma-ma-marais. Les membres de l’élite sportive de compétition d-d-discutent de « thématiques féériques », comme d-d-dirait Goliq.

— Inspectrice Dessel : « Thématiques féériques » ?

— Marynics : Goliq développa une obsession envers cette idée.

— Seljo : Dans le présent c-c-contexte, il signifie : des sujets de p-p-princesses.

— Audeà : Je deviendrai une princesse et, entre-temps, je vous ennuie.

— Sagrev : Une de ces deux affirmations me semble valide.

— Védrye : Cela doit faire une éternité qu’elle désire se transformer en princesse considérant la persistance avec laquelle son attitude de supériorité dépourvue de prestige nous ennuie gravement.

— Mydème : Et puis, les princesses d'arrière-pays n'existent pas.

— Jeldarre : Depuis quand tu t’y connais en matière d'arrière-pays ?

— Audeà : Depuis toujours compte tenu de la sordidité des histoires compliquées auxquelles elle participe et dont les ramifications lui échappèrent dès le premier jour.

— Roxsa : À l’extrême limite, une glorieuse... mais une princesse... ?

— Védrye : Une errante, peut-être...

— Audeà : Moi, une errante ?!

Le marais s’est-est-estompait, laissant sa place à un p-p-plateau rocailleux. La présumée p-p-princesse, tentant de saluer cet heureux changement de paysage par une v-v-voltige esthétique, se laissa s-s-surprendre par l’ultime f-f-fosse de vase et s’y enf-enf-enfonça, ajoutant une épaisse couche de b-b-boue à son appareillage esthétique, n-n-notamment.

— Audeà : Damnation !

— Védrye : Amusant.

Épisode 5. Une acquisition rocailleuse

Je me nomme Malkus. Je raconte cette part du récit.

— Malkus : Exactement, Seljo, et toutes les personnes en présence s’en indiffèrent.

Je compte bien entendu Seljo parmi mes amies, mais damnation que le malfonctionnement de son appareil de communication peut m’ennuyer, indépendamment de sa fâcheuse tendance à insister sur des impertinences qui n’intéressent absolument personne dans l’univers tout entier, en l’incluant certainement elle-même.

— Malkus : Je me dois de mettre un terme à sa déposition, faute d’utilité; je tâcherai de faire mieux.

— Seljo : D-d-damnation ! Essaie donc !

— Malkus : Je m’y efforce.

Nous nous éloignons des marais, ce dont aucune des survivantes ne se plaint, et gravissons la pente qui mène au plateau rocailleux mentionné par Seljo. Le trajet paraît court, mais l’inclinaison légère de la côte trompe nos appareillages cognitifs : nous tardons à arriver au sommet.

Une fois rendues là-haut, nos appareillages sensoriels détectent un imposant bastion visiblement endommagé au loin et, plus près, de l’agitation.

— Malkus : Je perçus le groupe d’Ersedge.

— Yulàrica : Je dirais plutôt le groupe d’Elsaja.

— Malkus : Damnation, Yulàrica, il s’agit des mêmes personnes !

— Inspectrice Dessel : Combien d’individus faisaient partie de ce groupe ?

— Yulàrica : Dans le groupe d’Elsaja ou celui d’Ersedge ?

Inspectrice Dessel hésite. Ersedge intervient.

— Ersedge : Quand ma meute — la mienne, je le confirme — rencontre les autres, il reste quatre survivantes, assurément, auxquelles il faut ajouter Coalano.

— Coalano : Pourquoi faut-il « m’ajouter » ?

— Ersedge : Tu ne fais pas partie de ma meute, assurément.

— Coalano : Oui, en effet; normalement, je côtoie le groupe de Reon.

— Malkus : Comme si Reon pouvait mener un groupe.

Fin du TOME 1, Chapitre 3

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