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TOME 1. Pterabus de l'enfer

Chapitre 6. Amitiés ingénues

Épisode 1. Beaucoup d’amies

Je me nomme Rhod. Je raconte cette part du récit.

— Inspectrice Dessel : Faccev, je comprends que votre groupe se joint aux autres, pour un total de vingt-neuf survivantes. Mais vous vous situez toujours dans le marais et un dernier groupe de survivantes manque...

— Faccev : Rhod peut compléter.

— Rhod : D’accord; j’insiste toutefois pour qu’on exprime mon nom correctement : « Rhod ».

— Langer : Toutes essayèrent, mais nulle n’y parvint...

Nous fuyons à vitesse maximale jusqu’à ce que nous percevions le grand groupe. Exténuées, nous ralentissons et nous arrêtons à proximité.

Ersedge nous salue.

— Ersedge : Déférence, Faccev.

— Faccev : Civilités.

Pendant ce temps, les autres...

— Inspectrice Dessel : Raffet raconta cette part du récit.

— Rhod : Je reprends à partir de là.

La créature du marais ne semble pas présente, mais la brume réduit l’acuité de nos appareillages sensoriels.

Faccev tente d’identifier une commandante, mais nous constatons que plus personne ne dirige. Elle enjoint les survivantes à poursuivre leur route en raison du danger que représente la créature des marais. Nous donnons l’exemple en nous empressant de suivre le sentier.

Après un trajet sans histoire d’une durée de plusieurs pages, nous sortons du marais quelque part au sud. Un plateau montagneux irrégulier imposant, couvert de forêts, nous fait face. Le sentier s’élargit en un vrai chemin, orienté sud-est, qui gravit le plateau forestier.

— Reon : Les amies ! La sortie doit se trouver par là !

Fatiguées, nous empruntons le chemin, qui nous soustrait aux obstacles de cet environnement accidenté. Une fois rendues sur le plateau, nous percevons le dernier groupe de survivantes.

Épisode 2. Une nouvelle amie

Je me nomme Eddel. Je raconte cette part du récit.

Revenons une dernière fois au début des événements : le pterabus effectue un atterrissage très très forcé et une créature volante attaque. Langer se cache dans un compartiment situé au-dessus des sièges. Je l’imite, ainsi que nos amies Joepe, Dapak, Driquett, Crozteer et Érbel. En principe, les compartiments servent à déposer nos effets personnels; en pratique, ils servent à échapper lesdits effets personnels sur l’appareillage cognitif de la personne qui se trouve en-dessous avec l’intention de s’amuser, quand même un peu à ses dépens.

Protégée des appareillages sensoriels extérieurs, j’observe avec un intérêt bien assumé la créature volante massacrer bon nombre de collègues que je n’apprécie pas particulièrement. Après son départ, les survivantes quittent le pterabus groupe par groupe.

— Langer : Je suggérai aux autres de sortir des compartiments. Je pensais qu’il ne restait plus personne, sauf que je me trompais.

— Rhod : Nous attendions dans l’espace de chargement...

Nous descendons des compartiments et assistons à une scène d’horreur digne des plus mauvais travaux de fiction, que je laisse derrière moi avec quelques regrets.

Nous nous extrayons lentement des débris du pterabus, contemplons un peu trop longtemps le vaste monde qui nous entoure, et tentons ensuite de lui survivre. Langer nous entraîne vers la forêt située à l’est. Crozteer détecte une agitation maladroite sous la neige, à peu de distance. La force combinée de Langer et d’Érbel permet d’en faire sortir Ambron — la seule, l’unique — que nous n’invitons pas vraiment à nous suivre.

Épisode 3. Une amie en moins

Je me nomme Driquett. Je raconte cette part du récit.

Contrairement aux autres groupes, qui partirent vers l’ouest ou le sud à grande vitesse, nous nous arrêtons passée la lisière de la forêt à l’est du site de l’écrasement. Pour une fois, considérant la gravité de la situation, nous nous efforçons de ne pas faire déraper une simple prise de décision en un débat philosophique aux aboutissements incertains. Centrée sur les aspects concrets du problème, Langer propose que nous restions camouflées à proximité afin que d’éventuels secours puissent nous localiser le plus rapidement possible.

Crozteer suggère de retourner chercher le système de communication du pterabus afin d’appeler les secours. Nos appareillages sensoriels nous indiquent que l’accident et la créature détruisirent ce système. Eddel réagit comme d’habitude lorsque Crozteer tentait de participer aux discussions, c’est-à-dire en la moralisant théâtralement à partir de sa puissante attitude de supériorité morale reposant sur absolument rien d’autre qu’une haine joyeuse.

— Eddel : Mais pour qui tu te prends ?! Qu’importe cette damnation de système de communication ! Ressaisis-toi, Crozteer !

Eddel attrape Crozteer par le haut de son enveloppe corporelle et la secoue.

— Crozteer : Damnation ! Que cela cesse immédiatement !

Langer nous explique qu’une partie du pterabus se détacha vraisemblablement du reste avant sa chute finale. Il part en « expédition restreinte » avec Érbel, sa coengendrée, afin de récupérer de possibles systèmes encore fonctionnels.

Pendant son absence, nous faisons des aller-retour prudents vers l’épave principale du pterabus afin de récupérer des instruments et des composantes comestibles.

Langer revient éventuellement... sans Érbel.

Épisode 4. Une amie téméraire

Je me nomme Langer. Je raconte cette part du récit.

Durant l’« expédition restreinte » avec Érbel, ma coengendrée, nous retrouvons la partie manquante du pterabus, constituée d’un morceau du pont inférieur aplati par un morceau du pont supérieur. Je constate que personne ne survécut au désastre. Les parties les plus solides de la structure, sauvagement évincées de leur position originale par le stress mécanique, se mêlent aux enveloppes corporelles déchiquetées, s’étirant en de tristes protubérances.

Un des systèmes du pterabus, apparemment mieux préservé que tout le reste, fonctionne résolument.

— Langer : Cela ressemble au système énergène.

Je repère aussitôt l’unité de production d’énergie et l’unité de gestion de l’énergie qui composent ce système et les identifie explicitement. Érbel acquiesce. En inspectant le système de manière plus approfondie, nous détectons l’indice d’une malfonction potentiellement dangereuse.

— Érbel : Tu sais ce que cela signifie ! Nous ne pouvons pas risquer de rester dans les environs.

— Langer : Je préviens les autres; attends-moi.

Je repars à vitesse maximale et j’explique la situation à nos amies et à Ambron. Elles rassemblent leurs effets personnels et les composantes comestibles retrouvées dans le pterabus, puis me suivent jusqu’au système énergène. Nous constatons l’absence d’Érbel.

— Langer : Damnation que cela me contrarie. Nous convenions pourtant qu’elle m’attende ici !

— Eddel : Des idées singulières se logent à l’occasion dans son appareillage cognitif.

Crozteer réprime perceptiblement un commentaire prévisible qu’Eddel interprèterait catégoriquement comme de la provocation.

— Dapak : Je détecte des traces vers la forêt, à l’est...

— Langer : Je pars à sa recherche.

— Eddel : Et nous t’accompagnerons.

Épisode 5. Toutes les amies

Je me nomme Dapak. Je raconte cette part du récit.

Nous entrons dans la forêt — celle à l’est, pas à l’ouest — en suivant les traces d’Érbel. Les trop grandes dimensions d’Ambron, issues d’une biogénétique étrangère à celle de l’espèce Émi et à celle de l’espèce Dèra, l’empêchent de faire face avec élégance aux exigences d’un terrain irrégulier rempli d’embûches, et de bûches tout court. Additionnées à sa maladresse, elles nous ralentissent considérablement.

Plus notre progression dans la forêt nous éloigne du système énergène détraqué, plus je me sens apaisée. Je m’inquiétais parce que l’unité de gestion de l’énergie appartenant à ce système défaillait souvent. Mon appareillage cognitif évoque un incident lors duquel le pterabus atterrit d’urgence à cause d’une régulation inadéquate de la température des machines. Lorsque Mégafinie examina les machines (« Damnation ! »), la différence de température avec l’extérieur produisit un phénomène aussi spectaculaire qu’alarmant. Lors d’un autre incident impliquant l’unité de gestion de l’énergie, un excès de pression produisit une fuite avant même que nous partions de l’Institut académique, ce qui paralysa le pterabus. Dans les deux cas, un autre pterabus, étrangement plus confortable que le 317, dut nous ramener.

Les traces d’Érbel nous mènent d’abord vers l’est, puis généralement vers le sud. Après plusieurs pages d’un trajet sans intérêt, la forêt devient montagneuse. Les traces d’Érbel se terminent inexplicablement. Nous nous questionnons sur la suite de notre expédition. Langer repère un chemin direction sud que nous empruntons avec enthousiasme. Nous nous arrêtons quelques paragraphes, puis les vingt-neuf survivantes arrivent.

Fin du TOME 1, Chapitre 6

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